Comme vous le savez, nous sommes venus dans la région de la Cordillère Blanche, afin de faire plusieurs randos. Il y a quelques jours, nous avons faite celle du Lac Churup, et les deux autres que nous avons prévues sont à plusieurs heures de route de Huaraz. Comme les routes de montagnes ne sont pas ma tasse de thé, nous avons décidé de nous en rapprocher et de poser nos valises à Yungay.
Nous sommes arrivés hier dans cette ville où il n’y a pas grand chose à faire et dont l’histoire est vraiment tragique: en 1970, un tremblement de terre de magnitude 7,9, a déclenché une avalanche et un glissement de terre qui a littéralement enseveli la ville ainsi que 20 000 personnes (seulement quelques dizaines ont survécus). Ce même tremblement de terre au aussi détruit 90% des bâtiments de Huaraz où nous étions les jours précédents. Depuis que je suis tombée sur ces infos, je dors très très mal, me réveillant avec le coeur qui bat à mille à l’heure et mettant des heures avant de me rendormir (je pense que le tremblement de terre vécu au Guatemala m’a un peu traumatisé 😅).
Bref, je suis pressée de quitté cette région, mais si nous y sommes venus c’est quand même pour une bonne raison: faire quelques unes des magnifique rando du coin ! Et ça tombe bien, aujourd’hui on va aller voir le Lac Parón et son eau turquoise qui va nous en mettre plein les yeux ! On vous raconte 😊
_____
Pour nous rendre au Lac Parón, depuis Yungay, nous allons devoir faire un peu de route.
Première étape: prendre le collectivo, autrement dit un bus local, pour aller à Caraz, la ville d’à côté. Là nous pensions pouvoir prendre un autre collectivo direct, mais non… le 2ème collecivo ne part pas du même terminal 😅 Nous prenons donc un tuk-tuk. À peine déposés, un taxi nous saute dessus pour nous emmener au Lac Parón, mais nous refusons car c’est trop onéreux.
On traverse pour rentrer dans le terminal et un autre taxi, très agréable et souriant, nous propose ses services. Il nous explique, avec beaucoup de patience (oui parce qu’on lui a quand même demandé de répéter 4 fois pour bien comprendre!), que si nous prenons le collectivo, il ne nous déposera pas au niveau de la rando mais bien plus bas, et nous aurons à marcher pendant 2h30 pour arriver au Lac Parón. Nous n’étions pas au courant… Comme nous n’avons pas envie de galèrer, nous changeons de plan et montons dans le taxi ! Nous n’avons pas négocié le prix car les taxis ont tous le même (150Sols, soit 57$CA), mais notre chauffeur a accepté de nous attendre pendant 3h, ce qui nous laissera le temps de profiter du Lac Parón.
Nous voici donc partis ! On roule d’abord sur une route en terre qui passe au milieu des petits villages Andins et de leur vie rurale.



Puis nous nous acquittons du droit d’entrée dans le parc National Huascarán, et à partir de là, la route devient vraiment cahoteuse. Il y a plein de pierres partout sur le chemin, c’est un vrai tape-cul ! Finalement, je suis plus que contente que nous soyons dans un taxi car je pense que mon coeur et mon estomac n’auraient pas survécus à cette route.
Être dans un taxi, nous permet aussi de profiter du paysage incroyable dans lequel nous roulons, entre falaises à pic…



… murs de roches qui s’élèvent devant nous… (pensée pour mon papa qui adore l’escalade ❤️)


… et cascades qui longent les paroies.


Je passe littéralement toute la route avec la tête par la fenêtre en faisant des « ohhhh » et des « waouh » toutes les 30 secondes. C’est juste sublime, j’en ai les larmes aux yeux 🙏


Rien que pour faire cette route, ça valait le coup de venir ! Nous avons aussi la chance d’avoir un chauffeur sympa qui, nous voyant émerveillés, ralentit devant les plus beaux endroits et s’arrête même pour que nous fassions des photos.

Lorsque le taxi se gare enfin, on se dit qu’il mérite vraiment ses 150Sols car, entre l’usure de sa voiture, le sport que c’est de rouler sur cette route et les 3h durant lesquelles il va nous attendre, ça nous paraît finalement peu cher payé.
On descend de la voiture, tout engourdis, mais surtout avec un sourire jusqu’aux oreilles et des étoiles plein les yeux.
Avant de commencer à marcher, on mange un morceau au milieu des montagnes et glaciers. C’est juste fouillouillouille !



Ensuite, c’est parti mon kiki. Nous nous attendions à une longue marche, mais finalement après 10 minutes à peine nous arrivons au pied du Lac Parón. Une petite merveille avec son eau turquoise digne du Lac Louise au Canada.


Là, on croise un mec, un peu fou et très courageux, qui se met en caleçon pour aller piquer une tête dans le lac. Il ressort aussi vite qu’il est rentré car l’eau est gelée. C’est simple, rien qu’en y mettant les mains, nos doigts se sont instantanément transformés en glaçons… On lui tire notre chapeau !
D’autres ont fait le choix de louer un kayac pour être sur l’eau mais sans se mouiller. On admire sa petite silhouette au loin et on se dit que ça doit être magique de faire du kayac ici. Comme j’ai peur d’être barbouillée, nous passons notre tour à regret; mais nous apprécions le sentiment de liberté que nous offre la vision de ce kayac voguant sur une eau turquoise au milieu des montagnes.

Après avoir bien profité du bord du lac, on se met en mouvement pour grimper jusqu’au mirador afin d’avoir une vue d’un peu plus haut. Nos jambes sont encore un peu lourdes d’avoir fait le Lac Churup il y a deux jours et, entre ça et l’altitude (4200m), nous prenons vraiment notre temps. C’est une bonne excuse pour admirer les beaux paysages qui nous entourent 😊




On prend de la hauteur et commençons a apercevoir le lac… C’est juste sublime !

Mais nous ne sommes pour autant pas encore arrivés. Après le joli petit sentier qui grimpe mais qui est facile, on se retrouve au milieu des roches à devoir « escalader ». Voyez plutôt la photo: Jeff pointe de son parapluie là où nous allons, et devant lui s’étale une multitude de roches sur lesquelles nous devons monter, trouver notre équilibre et avancer. Ces passages alternent avec de courts moments de sentier normal, histoire qu’on puisse reprendre notre souffle.


En chemin nous croisons un groupe qui nous propose de nous prendre en photo. Une photo dans un cadre pareil ne se refusant pas, nous nous faisons tirer le portrait.

Cette portion entre rochers et sentier, n’est pas super longue mais elle est fatigante et demande de la concentration pour éviter de se blesser.
Nous atteignons le mirador 45 minutes après être partis. Pour notre plus grand bonheur, cette rando pour voir le Lac Parón n’était pas si longue ! Nous nous installons sur un rocher pour profiter de la vue sublime, et prendre quelques photos. C’est vraiment splendide 🤩



Malheureusement, le vent se met à souffler et le ciel à se couvrir de gris/noir. Nous savons que le temps peut vite tourner en montagne et, comme nous ne voulons pas prendre le risque de faire le passage des rochers sous la pluie, nous préférons faire demi-tour.
Nous esquivons donc la pluie et entamons le chemin du retour qui se fait facilement. Et qui dit facile, dit qu’on a tendance à faire moins attention. Résultat, je glisse et finit sur les fesses. Je tombe sur une pierre qui laissera probablement une marque sur mon derrière, mais rien de bien grave. Par contre il va vraiment falloir que je fasse attention où je mets les pieds car c’est la 2ème chute en 2 randos 😂 J’espère pouvoir éviter la série des « jamais 2 sans 3 » !

Comme nous n’avons pas envie de repartir tout de suite, nous décidons d’aller dans le « gîte » situé devant de lac, pour acheter de petits snacks à grignoter. Nous nous installons sur un banc et profitons de ce cadre incroyable que nous n’avons plus envie de quitter…


On étire le moment jusqu’à la toute dernière minute, forcés de repartir car notre chauffeur nous attend. Bye bye magnifique Lac Parón qui nous en a mis plein les yeux 🙏
On refait la route en sens inverse, et notre taxi nous dépose dans le centre ville de Caraz. Comme il n’y a absolument rien à faire à Yungay (où nous logeons), nous décidons de rester un peu ici pour découvrir ce village. La place du village est super mignonne, avec une très belle église, quelques palmiers, des locaux installés sur des bancs et qui regardent la vie passer, et de grandes montagnes tout autour.



On va ensuite dans un café pour manger un morceau. Les sandwich sont bons mais pour l’accueil et l’amabilité on repassera: la serveuse ne décroche pas un sourire, nous regarde à peine, et quand nous allons la voir pour commander elle ne nous accorde aucune attention. Elle est littéralement en face de nous, voyant qu’on veut commander, mais elle fait genre d’être occupée pour ne pas nous parler. On attend patiemment, mais après 3 minutes on craque et finissons par l’interpeller. Elle lève alors la tête et pose des yeux agacés sur nous. Arrrrrgh, c’est nous qui sommes blasés ! 😤 Les Péruviens mettent parfois (souvent) nos nerfs à rude épreuve.
BREF ! En fin d’après-midi, nous prenons un collectivo pour retourner à Yungay. En remontant la rue pour rentrer à notre hôtel, nous croisons un groupe d’étudiants qui défilent en musique. C’est chouette de les voir s’amuser, rire et chanter. Leur joie est contagieuse !


Ensuite Jeff se transforme en Père Noël, mais à défaut de cadeaux, il dépose notre énorme sac de linge sale à la réception de l’hôtel 😆

Voilà notre journée touche à sa fin. J’espère que vous avez aimé la balade 😊 Dans le prochain article on vous emmène faire une dernière randonnée dans la Cordillère Blanche, celle de la Laguna-69. Cette rando est, comme le Lac Parón, une petite merveille qui va nous en mettre plein les yeux ! En attendant de vous en dire plus, on vous bizowte vos faces et on vous dit à bientôt ! 🥰


