Au programme de la journée: apprendre le tissage traditionnel à San Pedro avec une femme maya de la communauté Tzutujil ! Je suis troooop excitée et j’ai hâte de vous partager cette expérience, c’est parti 😊
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Ce matin le réveil a été difficile et on s’est levés seulement 10 minutes avant le petit déjeuner… Florinda nous voit arriver avec la tête dans le pâté et nous sert un plat de fruits et du café. On croise les doigts pour que ça nous réveille !
On se met ensuite en mouvement direction la gym. La salle appartient à un l’hôtel où nous sommes allés lors de notre première nuit à San Pedro, et depuis plus d’une semaine Jeff va y faire du sport tous les matins. Lorsque nous arrivons, la gérante Clara l’accueille avec un « hola Jeff, comó estas ?! » tellement fort et enthousiaste, que le couple qui déjeune dans l’hôtel se retourne pour voir qui vient d’arriver 😆
Jeff va donc à la gym, pendant que moi je me mets sur mon tel: j’ai 1h avant mon cours de tissage, et j’ai prévu d’utiliser ce temps pour rattraper mon retard dans mes articles. Cinq minutes après avoir commencé, un beau chat aux yeux bleus se rapproche. J’ai à peine le temps de lui tendre la main pour le caresser, qu’il est déjà sur mes genoux ! Tans pis pour le travail, je préfère passer du temps avec ce chachat qui réclame des câlins.


Jeff revient car il a un appel avec un collaborateur et il rigole en me voyant avec le chat sur les genoux. Le problème, c’est que ça fait 1h que je le câline et, maintenant que je dois partir, le chat est bien installé et étendu de tout son long. J’ai beau lui parler et lui faire des caresses un peu plus appuyées pour le réveiller, il ne bouge pas d’un poile ! Je finis par le porter pour le mettre sur ma chaise et, tout mou, il se laisse complètement faire. Je l’ai à peine poser, qu’il repère Jeff et s’incruste sur ses genoux pour avoir de nouveaux câlins 😆

Il est 9h et je me rends au Mercado de Artesanía Tz’unun Ya’ où Andrea, la femme maya qui va m’enseigner l’art de tisser, m’attend. Elle me partage l’histoire de ce lieu qui vend plein de produits artisanaux faits par des femmes de San Pedro. Elle m’explique que beaucoup de femmes dépendent de leur mari et que cette boutique artisanale leur permet de gagner un peu d’argent pour être davantage indépendantes. Une très belle initiative !
Ensuite Andrea me fait choisir les couleurs que je souhaite et, comme j’aime toutes les couleurs, je les prends toutes 😆 Lors du tissage chaque couleur a une signification. Ici, le vert pour la nature, le orange pour la flamme du feu, le bleu pour le lac et le ciel, le jaune pour le soleil, le mauve pour l’amour, le noir pour la nuit et les difficultés de la vie, le blanc pour la pureté et les solutions.

Le tissage, avec tous ces fils qui se croisent et se recroisent, est comme un parallèle avec la vie: un enchevêtrement d’événements qui, mis bout à bout, racontent une histoire. Et le tissage, avec ses couleurs et ses motifs, raconte également un morceau d’histoire.
Avant de commencer à tisser, il faut donc avoir une intention. Andrea me propose de donner l’intention dans sa langue natale le Tz’utujils, ce qu’elle fait tout en me tenant l’épaule.
Ensuite nous commençons le travail. La première étape est de faire des « zigzags » pour order les différents fils de couleurs dans l’ordre que je souhaite.

Puis Andrea regroupe tout le travail et l’entortille afin de garder l’ordre des fils.

Ces derniers sont installés et tendus entre 2 morceaux de bois qui sont eux-mêmes accrochés, d’un côté à un poteau et de l’autre à une ceinture autour de notre dos. Ceci afin que le travail soit toujours bien tendu.

Ensuite Andrea démêle chacun des fils, un à un, pour qu’ils soient dans l’ordre et elle fait en sorte qu’ils soient bien centrés sur les morceaux de bois, pour que le travail soit droit.
L’étape suivante est de passer une sorte de petite corde entre chacun des fils, un peu à la manière d’une couture: la corde passe devant le 1er fil et derrière le 2ème, devant le 3ème et derrière le 4ème. Sur la photo, il s’agit de la corde multicolore dans ma main.

Cela permet de pouvoir soulever les fils du dessus et de passer un fil blanc épais au milieu. C’est ce fil blanc qui permet de maintenir tout le travail lié. Une fois cela prêt on commence à tisser.


Je suis désolée pour les explications, je ne suis pas sûre que ce soit très compréhensible… Moralité: il est aussi difficile de tresser que d’en expliquer le processus 😆 Oui parce que quand tu vois les femmes faire, tu te dis que c’est facile… mais que nenni ! Ça demande une sacrée technique, de la force dans les bras pour soulever les fils, de la délicatesse pour démêler les fils, et une patience infinie car tu fais toujouuuurs les mêmes mouvements.
Malgré tout, d’après ce que dit Andrea je me débrouille très bien et je suis même plutôt rapide ! Elle me dit qu’elle aime me voir faire car ça se voit que je prends plaisir à tisser (même si je galère ahah).
Je fais quelques erreurs que je demande à Andrea de rattraper. Elle me répond que mon travail est bien comme il est, et que mes erreurs sont un peu comme des cicatrices dans la vie. Elles font partie de l’apprentissage.

Vers 14h, Jeff vient me rejoindre. Il a un grand sourire de me voir faire ça, avec 2 femmes de la communauté. Ça n’est pas facile mais je suis dans mon élément ahah
Pendant que je continue de tisser, Jeff essaye des chemises qui ont été tissées par les femmes de la communauté. Il est pas mal du tout dans sa belle chemise noire 😍

Après 5h de travail, je décide d’arrêter, surtout que, plus je me rapproche du haut, plus ça devient difficile car il y a de moins en moins d’espace pour passer entre les fils. En 5h j’ai tissé environ une trentaine de centimètres…
Andrea me propose de me faire un petit porte monnaie avec ce que j’ai tissé. J’accepte et elle me demande de venir quelques heures plus tard pour lui laisser le temps de faire les coutures.
Il est plus de 14h et nous avons les crocs !!! Nous allons dans un resto végé où l’on commande des grosses salades, yumiiiiii ! La nourriture de Florinda est très bonne mais ici ils cuisines peu de légumes et ça nous manque grave. Bien souvent les pats sont à base de maïs, de riz, de pâtes ou de haricots rouges et les légumes se résument à une sauce tomate… c’est bon mais on veut du vert ! 😆

Le repas est pour nous l’occasion de parler de la suite de notre aventure: est-ce que nous allons voir les cascades de Semuc Champey au Guatemala ? Est-ce qu’on essaye d’aller dans une destination plage où Jeff pourra faire de la plongée ? Est-ce qu’on va à notre prochain pays sur la liste, la Colombie ?
Nous faisons quelques petites recherches mais aucune décision n’est prise. Pour être honnêtes nous sommes trop bien à San Pedro et nous n’avons pas vraiment envie de partir… La seule chose que nous décidons est donc de rester ici encore 3 ou 4 jours 😊
Après le repas, nous allons à une agence de voyage pour réserver une excursion à L’Indian Nose demain matin. Il s’agit d’une marche d’environ 30 minutes pour assister au lever du soleil depuis un point de vue. Le départ est à 4h du matin… ça va piquer !
On appel ce point de vue l’Indian Nose (le Nez de l’Indien) car on peut facilement deviner un visage dans les montagnes, regardez:

Petite anecdote: devinez qui nous avons retrouvé à l’agence de tourisme ? Le chat blanc ! Les proprios nous disent qu’il s’appelle Wilson; par contre ils ne nous croient pas quand on leur dit que Wilson était à l’hôtel et nous faisait des câlins ce matin. Nous sommes obligés de leur montrer des photos et, ensuite, leurs yeux font de allers-retours entre le téléphone et leur chat, c’est trop drôle !
À 16h30 nous retournons au Mercado de Artesanía Tz’unun Ya’, où Andrea nous attend. Mon petit porte monnaie est prêt :il est trop mignon et je suis fière de me dire que c’est moi qui l’ai tissé !

Je suis ravie de cette expérience et de ce moment de partage où j’ai eu la chance d’apprendre de la culture maya. Je suis reconnaissante d’avoir eu Andrea comme professeur. Elle m’a transmis avec patience, son amour pour le tissage qui est une tradition ancestrale, qui se transmet de génération en génération. Aujourd’hui, j’ai reçu un peu de cette tradition et je garde précieusement ces souvenirs dans mon coeur 🙏
Cela fait bientôt 3 semaines que nous sommes ici, et je réalise seulement maintenant, après l’avoir expérimenté, la difficulté et le temps que demande le tissage pour chaque pièce. Auparavant, quand je regardais les prix, tout me paraissait cher, et après cette expérience, c’est complètement l’inverse: le temps, l’énergie et l’amour qui est mis dans leur travail, vaut bien plus ! Les femmes du Guatemala font un travail incroyable, dont je suis admirative !
Jeff aussi apprécie beaucoup ce travail, surtout qu’il a pu voir aussi la difficulté que représente le tissage. En faisant le tour du Mercado de Artesanía Tz’unun Ya’, il a un petit coup de coeur pour un chemise mauve. Elle est un peu grande mais vraiment trooop belle, et elle lui donne un petit look sympa !!! Il se laisse tenter, et ressort de la boutique en portant fièrement sa nouvelle chemise (qui a été d’ailleurs été tissée par Andrea ahah).

Après avoir remercié et salué chaleureusement Andrea, nous remontons à la maison. Nous allons nous reposer un peu dans la chambre, avant d’aller retrouver Florinda et Alberto. La plupart de la famille est partie, il ne reste plus que la maman de Florinda. Comme toujours, nous avons droit à un bon repas, ce soir c’est soupe de potiron, courgettes, patates et ail, miam miam ! (Je me fais mentir, pour une fois nous avons eu des légumes 😆). L’ambiance est légère et on se fait des blagues. Nous aimons beaucoup ces petits moments ensemble. Nous demandons s’ils seraient d’accord de nous garder un peu plus longtemps chez eux, et la réponse est oui, sans hésitation ❤️
Après le repas, nous faisons de petites courses pour avoir de quoi boire et grignoter si besoin demain matin. Puis, au dodo car demain le réveil sonne à 3h pour l’Indian Nose !

On vous souhaite une bonne nuit et on vous bizowte vos faces 🥰


