Depuis que nous voyageons au Guatemala, nous entendons beaucoup parler de l’ascension du volcan Acatenango (3 976m) pour avoir la vue sur le fameux El Fuego (3 768m) qui est un volcan toujours en éruption. Le fait que ce soit très difficile revient en boucle, ainsi que la récompense de voir et d’entendre les explosions de lave très fréquentes d’El Fuego. Bref, nous avons vite compris que c’est un incontournable du Guatemala et nous avons donc décidé de nous frotter à l’Acatenango à notre tour !
Pour se faire, nous avons choisit l’association Asoava, grâce à laquelle nous serons accompagnés de 2 guides, et qui nous fournira nos repas ainsi qu’un hébergement au sommet.
Voici ce qui nous attend lors de cette aventure de 2 jours:
- J1: une bonne grimpette d’environ 4h30-5h (avec les pauses) avec un dénivelé de 1150m;
- arrivés au sommet, du temps pour admirer El Fuego, habillés comme des oignons pour lutter contre le froid;
- un dodo dans une cabine (enfin si nous réussissons à dormir car ça va cailler);
- J2: une redescente d’environ 3h, avec pauses incluses.
Allez, on vous raconte notre expérience 😊
Vendredi 31 Janvier 2025
Réveil 5h30, nous refaisons nos sacs. En effet pour monter l’Acatenango il faut être bien équipé car il peut faire jusqu’à -5°C. Il nous faut donc des vêtements pour la montée, et d’autres pour que nous puissions nous changer après avoir bien transpiré en grimpant, et rester au chaud toute la nuit.
Nous ne sommes pas les plus grands sportifs, et nous pensons que la montée va être un défi en lui-même. Nous ne voulons pas rajouter une difficulté supplémentaire avec notre sac qui fera environ 10kg et qui contiendra des vêtements chauds et de l’eau. C’est pourquoi nous avons décidé de faire porter ce sac par un porteur. Il nous a donc fallu trier toutes nos affaires et mettre dans mon sac de voyage, tout ce dont nous aurons besoin pour l’Acatenango, et dans le sac de Jeff tout le reste de nos affaires. De notre côté, nous porterons un sac à dos avec l’appareil photo de Jeff, 4L d’eau et quelques affaires pour la montée.
6h40, nous sommes prêts et prenons la direction du point de rencontre où un shuttle va venir nous chercher et nous emmener à l’association Asoava.

On roule environ 1h et, plus on avance, plus on voit se dessiner le volcan Acatenango. En le regardant, il nous paraît immense, et on commence à se demander pourquoi nous avons décidé d’en faire l’ascension 😅


Nous sommes partagés entre un sentiment de peur et d’excitation. Mais, comme dirait Jeff « on est dans le bus » – traduction: on a payé, tout préparé et on est dans le shuttle pour faire l’ascension; donc ça ne sert à rien de se torturer les méninges car on va le faire !
Nous arrivons à l’association, où un petit déjeuner nous attend. Nous sommes un petit groupe de 12 personnes autour de la table mais personne ne parle. Nous sommes tous dans nos têtes, attendant de voir ce qui nous attend.
Après le déjeuner, nous allons louer ce qui nous manque pour l’ascension. Pour ma part, des chaussures, un bonnet, des gants et 2 bâtons de marche. Nous reprenons ensuite le shuttle et, 15 minutes plus tard, nous sommes au pied du volcan, prêts à grimper !

La première partie est principalement faite de sable et petits cailloux. Pas facile de monter ! Après seulement une vingtaine de minutes, il y a une première pause, avec déjà une vue sympa sur les champs alentours. Il y a des gens qui y travaillent, et on se dit qu’ils doivent avoir un sacré cardio et de bonnes jambes !

Nous repartons, et cette fois ce sont des escaliers sur un chemin étroit bordé de fils barbelés, pour délimiter les champs, qui nous attend. Nous montons, tandis que d’autres descendent, revenant de leur expédition. Le problème c’est qu’on passe à peine à deux, et que nous n’avons pas le droit à l’erreur si on ne veut pas s’accrocher sur les barbelés et potentiellement choper le tétanos 😆
S’en suit une loooooooooongue partie en forêt, qui grimpe en zigzags abruptes et sans fin !
Malgrés ce que je pensais, nous sommes dans le peloton de tête, le reste étant pas mal loin derrière nous. Perso, je marche dans les pas du mec devant moi, ne regardant jamais le haut, et avec de la musique à fond les ballons dans les oreilles pour me motiver. C’est vraiment pas facile, néanmoins suivre quelqu’un m’aide vraiment à garder le rythme. Bon par contre, je suis essoufflée à mort ! Pendant ce temps là, Jeff n’a pas l’air de galèrer du tout, il tape même la conversation avec une nana du groupe comme s’il était autour d’un café 😂 Ses heures de sport durant ces derniers mois font apparemment vraiment la différence !

Nous faisons régulièrement des pauses pour attendre le reste du groupe et reprendre notre souffle. À certains moments c’est un peu frustrant car, après 20-30 minutes, nous avons trouvé un rythme et nous devons nous arrêter et attendre. Nous nous refroidissons rapidement et devons nous couvrir. Mais je pense que ces pauses sont également comme des paliers, un moyen pour que nous nous habituions à l’altitude.
Un peu plus de 3h après le début de notre ascension, nous faisons une pause de 30 minutes pour manger. Le guide nous dit qu’il nous reste 1h-1h30. Wouhouuu on se rapproche du but !

On se déshabille un peu pour aérer la couche de transpiration qui nous colle à la peau; mais après 5 minutes nous commençons à nous les cailler car nous sommes en altitude et qu’il y a pas mal de vent. Nous passons de débardeur/tshirt à doudounes/écharpes, sans transition 😂
Pour la petite anecdote, je me rends également compte que le legging que j’ai acheté, exprès pour cette rando, a des trous au niveau des fesses…. heureusement pour moi, j’étais la dernière de notre petit groupe quand on montait 🤣 J’enfile donc un jean par dessus, et c’est reparti mon kiki !

Toujours dans la forêt, nous traversons une partie assez plate, ça fait du bien. Nous sommes censés avoir une vue dégagée sur les environs, mais nous sommes entourés de nuages et ne voyons pas grand chose.

Puis, lorsque nous nous rapprochons de l’arrivée, ça recommence à grimper. C’est quand qu’on arriiiiiive ??!

Dans les moments difficiles, on se répète « t’as les jambes, c’est cadeau », un moyen de se rappeler que même si c’est difficile, nous avons la chance d’être en santé et de vivre des expériences pareilles ! Je me dis aussi que, plein d’autres l’ont fait et le font chaque jour, donc je vais y arriver aussi !!!
La dernière ligne droite est celle qui m’achève: des gravas et du sable… tu avances, puis tu t’enfonces et recules. Bref, que du fun ! Je suis semée par le groupe, mais je les entends: ils sont juste un peu plus haut, et sont arrivés. La fin est proche ! J’entends Jeff qui m’encourage « aller ma nounours ! », et me voilà qui arrive.

Yeahhhh we did it !! Nous sommes fatigués, plein de transpiration et de poussière, mais on l’a fait ! Nous sommes trop fiers de nous 😊💪

Nous découvrons les petites cabanes dans lesquelles nous allons devoir dormir à 4… On va être serrés ! C’est sûrement mieux pour garder la chaleur non…?

Par contre, avec tous ces nuages autour de nous, on ne voit absolument RIEN ! Après un tel effort, sommes déçus et espérons que ça se dégage dans les heures à venir.
Vu qu’il n’y a rien a voir et que nous sommes fatigués, nous allons faire une sieste ahah
Quand nous nous réveillons, 1h plus tard, ça s’est un peu dégagé mais on ne voit pas El Fuego qui est derrière la montagne, toujours caché dans les nuages.

Avec le vent, les nuages vont et viennent rapidement, descendant ou remontant. Nous profitons des quelques belles couleurs et, en 30 secondes, le vent souffle un gros nuage qui nous coupe toute la lumière… Ça y est il fait nuit !
Les guides font un feu pour nous tenir chaud. Mais avec le vent, on se prend pleiiiiin de fumée dans le visage. On a le choix entre avoir froid ou mal aux yeux et perdre nos poumons 😆 Moi je choisis de rester au chaud, dos au feu, Jeff lui préfère s’éloigner.
Sur les coups de 19h, nous mangeons un bon repas ensemble autour du feu.
20h, il n’y a toujours rien a voir car El Fuego est toujours dans les nuages. Résultat, quasiment tout le monde va se coucher. Avec Jeff, nous restons un peu plus longtemps, esperant que les nuages partent. Jeff s’occupe du feu (et il le fait bien car nous n’avons plus du fumée !), pendant que moi je me réchauffe : 2 minute d’un côté, et 2 minutes de l’autre côté; je vais être bien rôtie !
Vers 21h, ça se découvre un peu, nous laissant voir la ville d’Antigua en contrebas et le volcan Fuego. Malheureusement pour nous, voilà 2 semaines qu’il ne crache plus de lave et qu’il se repose. Nous avons donc seulement droit à un mini sommet orangé.


Alors que normalement nous somme censés voir ça:

Bref, c’est décevant mais c’est comme ça, la nature ne se contrôle pas ! Peut-être que nous nous motiverons à le refaire avant de quitter le Guatemala, qui sait ?! ahah
Comme j’ai froid, je vais me coucher. Jeff reste un peu plus longtemps car, après avoir passé 6h à grimper, il trouve ça nul que tout le monde ait été se coucher si tôt, et il espère toujours que le volcan se réveille. Malheureusement, il ne voit pas grand chose de plus et vient rejoindre la cabine vers 23h.
Samedi 1er Février 2025
Cette nuit n’a pas été des plus reposante. Malgré ce que nous pensions, ça n’a pas été le froid qui a été le plus difficile, mais le fait de dormir à 4, serrés comme des sardines, dans un espace réduit. En effet, un autre couple dormait avec nous: Jeff était au milieu et moi sur l’un des côté. Jeff ne pouvait pas bouger car il était coller à l’autre mec, et, de mon côté, coincée entre Jeff et le toit très incliné, je ne pouvais pas faire le moindre mouvement.
Sur les coups de 4h du matin, le guide est venu frapper à chacune des cabines pour que ceux qui le veulent, puissent continuer l’ascension et monter au sommet de l’Acatenango afin de voir le lever du soleil. Sauf qu’à 4h quand nous avons entendu à quel point il y avait du vent, on s’est dit que nous allions « dormir » encore un peu. Surtout que la dernière partie de l’ascension est apparemment difficile puisque composée de sable et petits cailloux. Perso j’avais eu ma dose et, avec Jeff, on savait qu’il y avait aussi toute la descente à faire… donc nous avons passé notre tour.
Un peu avant 6h, nous sortons de notre cabine, emmitouflés comme des marmottes afin de rester au chaud.

Ce matin le ciel est dégagé et nous pouvons admirer le soleil qui se lève. C’est paisible, magnifique, le temps s’arrête.

Les rayons du soleil passent entre les montagnes, créant des nuances de couleurs et faisant apparaître progressivement les reliefs devant nous. Au loin, nous devinons l’océan.

Comme pour nous dire bonjour, un petit piou vient se poser juste devant nous.

Malgré le manque de lave, El Fuego se dresse face à nous, majestueux. C’est fouillouillouille, et on se sent tout petits.


Nous prenons ensuite notre petit déjeuner, rangeons nos affaires et quand le reste du groupe, qui était parti pour l’ascension, nous rejoint, nous nous mettons en mouvement.
Dernière photo souvenir et c’est parti pour 3h-4h de descente.

À l’inverse d’hier, nous pouvons voir les alentours, et c’est canon !

La descente est quand même plus facile que la montée, même si ça tire pas mal sur les cuisses et que nous avons peur de glisser. Jeff, qui n’a pas les meilleures chaussures, galère un peu et par moment j’ai l’impression qu’il descend une piste de ski: en équilibre, les jambes écartées et les fesses en arrière, avec son baton de marche planté en avant pour l’empêcher de glisser, il descend à deux à l’heure… c’est tout un spectacle 🤣
La dernière heure de descente est difficile car le sol n’est que poussière et graviers, donc ça glisse un max. Du coup certains préfèrent courir… Moi je descends plutôt à la façon d’un crabe: je fais des sortes de pas-chassés qui sont efficaces mais pas vraiments élégants.
Nous arrivons en bas avec des cailloux plein les chaussures, mal aux jambes, épuisés, poussiéreux, transpirants et sentant le feu de bois. Nous RÊVONS d’une douche, mais ce ne sera pas pour tout de suite. Avant ça, le shuttle nous ramène à l’association Asoava, où nous rendons les affaires que nous avons louées et récupérons le sac de voyage de Jeff (surnommé « big mama » par les locaux, tellement il est gros et lourd). Puis re-shuttle pendant 1h pour retourner à Antigua.
Une fois à Antigua nous n’avons pas vraiment de plans… Je ne sais pas si vous le savez, mais nous avons tendance à tout faire au dernier moment… TDAH style 😅 Tout ce que nous savons c’est que nous voulons aller à San Pedro aujourd’hui ou demain.
On se pose donc dans un café et on regarde pour voir si, par chance, il y a encore des places disponibles dans un shuttle aujourd’hui pour San Pedro. Eh bien… oui ! Nous attendons à peine 1h et, hop, nous embarquons pour 3h30 de shuttle en direction de notre prochaine étape: San Pedro. Cette petite ville se trouve au bord du lac Atitlán réputé pour être l’un des plus beau lacs du monde. On a hâte !

Dans le bus, Jeff nous réserve 1 hôtel avec… eau chaude !!! Oui parce qu’ici, tous les hôtels ne bénéficient pas d’eau chaude, et encore moins les locaux. Mais après tant d’efforts, nous méritons bien une bonne et longue douche chaude 😁
Arrivés à l’hôtel, nous mettons toutes les affaires que nous avons utilisées dans un sac pour faire une machine à laver. En à peine 10 minutes nous avons enfumé la chambre avec l’odeur de feu de bois qui nous colle à la peau, c’est fou à quel point c’est fort ! On prend l’une des meilleure douche de notre vie, allons déposer notre linge sale, mangeons un morceau et allons nous coucher. On est K.O !
Demain une nouvelle aventure nous attend: nous allons vivre une semaine dans une famille du village de San Pedro et, chaque matin, je vais retourner sur les bancs de l’école pour apprendre l’espagnol.
En attendant de vous partager ce nouveau chapitre de notre voyage au Guatemala, on vous bizowte vos faces 🥰


