Aujourd’hui nous allons faire l’Indian Nose, une mache d’environ 30 minutes pour avoir le droit à un magnifique lever de soleil (on espère 🤞) sur le lac Atitlán et ses trois volcans. Mais pour cela, il faut se lever tôt car le départ est à 4h. On vous raconte 😊
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Réveil à 3h, on ouvre les yeux et on tombe nez à nez avec une belle grosse araignée juste au dessus de la tête de Jeff. On s’habille vite fait et ensuite Jeff essaye de mettre l’araignée dans un verre pour la sortir. Le problème c’est qu’elle est trop grosse… et nous sommes obligés de la tuer 😕

On se prépare rapidement et à 3h40 on se met en mouvement. Notre shuttle est dans 5 minutes et on est a 7 minutes à pieds du point de rencontre… Bref, comme d’habitude on est en retard ! Donc on marche vite et, après avoir fait les 3/4 du chemin, je me rends compte que j’ai oublié le papier qui prouve qu’on a payé… #boulet ! Résultat, je fais demi-tour et je cours pour remonter à la maison (bien-sur, ça n’est que de la montée!). J’ai rapidement plus de poumons et Jeff me rattrape pour me dire qu’on laisse tomber, on n’a pas le temps. Demi-tour toute ! C’est reparti pour de la course, mais en descendante c’est quand même plus facile. Nous arrivons au point de rencontre avec 3 minutes de retard et on espère que le chauffeur nous acceptera sans notre ticket 🤞 Comme tout va de mal en pis depuis ce matin, Jeff marche dans une crotte de chien 😅 Il est vénère ! Bref, nous n’avons qu’une envie: remonter nous coucher !!
Le shuttle arrive et le chauffeur nous demande uniquement nos prénoms, et non le ticket, youhouuuu ! Avant de prendre la route vers le village depuis lequel on va commencer à grimper, on s’arrête à plusieurs endroits pour prendre d’autres personnes (il y a même plusieurs shuttle! On dirait qu’il va y avoir du monde avec nous..).
Sur les coups de 4h45 on commence à monter, à la file indienne car nous sommes plus d’une centaine. On voit une longue file de lampes frontales avancer, c’est rigolo.

Après un passage plutôt plat et facile, c’est au tour des monter des escaliers. Les marches sont tantôt petites, tantôt hautes, mais c’est surtout sans fiiiiin. Alberto, le père de la famille où nous vivons, nous avait dit que le chemin était facile. Du coup, à l’inverse du volcan Acatenango, je n’étais pas préparée psychologiquement 🤣
J’ai le cœur qui bat à fond, obligée de respirer fort par la bouche comme un mufle. Le point positif c’est que, comme nous sommes nombreux, nous n’avançons pas vite et il y a de courtes pauses. Jeff quant à lui me nargue: pas essoufflé du tout, il respire même par le nez !
Vers 5h30, après 45 minutes d’effort et environ 600 marches plus haut, nous arrivons au sommet ! L’endroit est super bien aménagé car, malgré le nombre que nous sommes, il y a une place assise pour chacun. Nous nous installons donc face à ces montagnes qui se dessinent à peine sur la faible lueur du jour, et nous admirons les petits villages tout éclairés en contrebas.


Puis on nous sert un chocolat chaud et un petit pain pour nous faire patienter, au chaud, en attendant le lever du soleil. C’est trop chouette 😊

Le ciel commence à prendre les teintes toutes douces du lever du soleil.
Les montagnes et le lac se dessinent de plus en plus, c’est vraiment magnifique !

Comme tout le monde, nous allons faire une photo de nous deux 😊

6h35, le soleil apparaît à l’horizon et nous sommes là pour le saluer. Une nouvelle belle journée qui commence. Avec Jeff on se regarde, « Eh, on regarde le lever du soleil au Guatemala », que nous sommes chanceux 🙏


Depuis la montagne où nous sommes, nous avons la vue d’un côté sur le lac, et de l’autre sur une vallée pleine de culture, trop beau aussi !

15 minutes plus tard, nous repartons et faisons le chemin en sens inverse, toujours à la queue leu leu.

Sur le chemin du retour, je suis tellement KO, que je m’endors direct. Forcément Jeff en profite pour faire une photo 😆 Je pense que, vue toutes les photos de moi qui dort, il pourrait faire un album !

De retour à la maison, Florinda nous attend avec un bon petit déjeuner. Comme toujours, ces moments nous permettent d’en apprendre plus sur la vie locale et la culture. Florinda est en vacances mais elle reprend le travail lundi prochain. Elle est psychologue et travaille à 2h de route, dans la grande ville la plus proche, Quetzaltenango… Elle doit prendre le bus vers 5h-6h et traverser les montagnes. 4h de route par jour pfiouuuu ! En plus de ça, elle se lève vers 4h du matin pour cuisiner, et laver son linge et la vaisselle à la main. Le soir, elle rentre et doit s’occuper des étudiants, comme nous, qui apprennent l’espagnol. Il en est de même pour Alberto qui a 2 ou 3 travails.
Ils font tout ça, pour leurs enfants qui font leurs études à Quetzaltenango (il n’y a rien plus près…). Les études sont payantes et ils doivent en plus payer 3 hébergements car les écoles sont loin les unes des autres et ce n’est pas sécure de voyager. Les 2 fils, les plus grands, ont aussi plusieurs petits boulots pour aider leurs parents. Bref, ils n’arrêtent jamais de travailler ! Quand on entend ça, on se sent bien, bien chaceux d’avoir les vies que l’on a… Tout nous paraît normal, mais rien ne l’est.
La plupart des gens ici ne font pas d’études et vivent avec pas grand chose. Les femmes préfèrent se marier pour avoir la protection financière d’un mari. Les gens qui travaillent dans les champs ne gagnent même pas 10€ par jour, pour un travail qui est difficile. Le linge et la vaisselle se font à la main, sans eau chaude; les repas se résument principalement à des tortillas et des frijoles (purée de haricots rouges). Hier, je disais à Jeff, qu’à la fin des repas nous n’avons quasiment jamais de dessert, et je ne comprenais pas pourquoi. Mais maintenant je comprends, les gens n’ont pas les moyens.
Florinda nous partage aussi qu’elle a dût faire 8 ans d’études pour être diplômée. Elle étudiait 3 jours par semaine et travaillait le reste du temps pour payer tous les frais. On comprend qu’il faut une vraie détermination pour sortir de sa condition et s’offrir une vie un petit peu plus aisée.
Toutes ces conversations nous remettent vraiment les pieds sur terre, et elles nous font prendre conscience de la réalité de la plupart de gens dans le monde: ils travaillent beaucoup mais vivent avec pas grand chose. C’est une claque. Nous devrions arrêter un peu de nous plaindre, relativiser et être plus reconnaissants pour la qualité de vie et toutes les opportunités que nous avons 🙏
Le ventre plein, et la tête remuée par ces échanges, nous retournons dans notre chambre pour nous reposer un peu.
12h30, nous déjeunons avec Florinda, sa maman, et Alberto. Comme d’habitude depuis que nous sommes arrivés, elle me sert un plat qui est 3 fois plus gros que ce que je peux manger 😂 On rigole de ça et du fait que je donne toujours une partie de mon repas à Jeff, SAUF ce qui est sucré ! Florinda me taquine souvent, me disant qu’elle va garder mon assiette pour me la servir au prochain repas.
Elle nous fait découvrir des fleurs de la Jamaïque avec lesquelles elle a fait un jus trop bon ! Apparemment, il est aussi possible de cuisiner ces fleurs. Jeff fait rire la famille car, curieux, il prend une des fleurs séchées et la goûte alors qu’il faut la cuisiner ! Nous rigolons aussi du fait que nous avons acheté des sorte de harricots rouges grillés, mais ils sont tellement durs qu’on a peur de se casser une dent 😂 Ils nous disent que pourtant les gens d’ici aiment ça. Le clown qui est en Jeff ressort, et il mime le fait que c’est dur et qu’il sa casse une dent. Il raconte qu’en fait ce sont les dentistes qui vendent ça, pour avoir de nouveaux clients ! Bref, on passe un super moment à rigoler tous ensemble !
Ensuite, nous ressortons et trouvons un hôtel avec une belle vue, où nous nous installons pour planifier la suite de notre voyage.



Sauf qu’aussi bien Jeff que moi nous mettons à avancer sur d’autres choses: lui le travail, moi le blog. Résultat, on est censés partir dans 3 jours mais nous n’avons encore rien réservé. D’ailleurs nous n’avons pas non plus de plan précis… On est laaaarge ! 😅
On rentre et comme tous les jours, on va dire bonjour à Perla la chienne de la famille. On dîne ensuite rapidement avec Florinda et Alberto mais nous ne restons pas car, trop fatigués, nous avons de la difficulté à parler en espagnol. Résultat, on mange, on fait un checking complet de la chambre pour être sûrs qu’il n’y a pas d’araignée et dodo !
On vous bizowte vos faces et à demain 🥰


